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Publi le mercredi 27 février 2008Mercredi 27 février 2008 maladie à deux vitessse Oui, voilà longtemps que je ne me suis pas fait voir. J'étais occupée mais surtout, je n'avais rien à dire. Rien qui me touchait ou provoquait en moi une montée d'adrénaline. *-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-* Une personne de mon entourage m'a envoyé un fichier Power Point d'un activiste faisant la promotion d'un système de santé universel et gratuit. Ce fichier nous rappelle l'historique de l'universalité et de la gratuité du système. Il rapporte des éléments que j'ai appris dans mes cours d'histoire des soins infirmiers et lors de mes débuts dans le domaine. Je vous partage cette dernière expérience. (Je dis vous car ces pages sont visitées plus de 400 fois par mois donc, quelqu'un me lit: à chaque fois que je vois les statistiques de ce blogue, j'ai un choc.) J'ai travaillé comme "préposée au malade" chez les Soeurs Grises de la Charité pendant mes études d'infirmière, dans une petite ville hors de Montréal. Je prenais soins des religieuses plus âgées, en convalescence, en phase terminale ou malades. Je les lavais, je les écoutais, je les aidais à manger, à marcher, à faire pipi, etc. De beaux souvenirs, je vous le jure: des femmes extrêmement attachantes, de bonnes personnes. Ce qu'elles m'en ont conté sur le système de santé de "l'ancien temps"! Elles ont formé plusieurs générations d'infirmières. C'était un entraînement intensif où les jeunes femmes travaillaient jour/soir/nuit, sur rotation, tout en étudiant le jour. Elles n'avaient pas le choix: la pénurie de soignantes et de soignants était importante. Certaines sœurs m'ont raconté qu'elles travaillaient dans les orphelinats ou des crèches à prendre soin de beaucoup beaucoup d'enfants. Elles m'ont souvent répété: "Y'avait tellement de travail: ça nous aurait pris des patins pour y arriver. J'aime les enfants; c'était dur de voir que je ne pouvais pas combler tous leurs besoins comme une vraie mère. J'aurais voulu mais j'étais pas capable. Je n'avais pas assez de bras." Elles me racontaient la vie avant l'assurance-hospitalisation. Quand il fallait payer très cher pour
De nos jours, certains pleurent lorsqu'il sont dans une salle à 4 lits. Dans ce temps-là, si tu étais pauvre, la salle contenait 12, 15 voir 20 lits! Une salle pour les hommes, une pour les femmes... pis, je n'en suis même pas certaine! Je ne peux pas m'imaginer essayer de dormir avec un paquet de ronfleurs! En ce moment, il y a un retour à ce genre de chose. C'est insidieux. Une situation commune: ton enfant se pète le crâne sur un coin quelconque. Ça saigne. Le sourcil est fendu; il faut fermer ça; au lieu de recoudre avec du fil, le docteur met des bandes de rapprochement pour fermer la plaie. Bon, un parent un peu habile aux mains propres pourrait faire ça. Il y a quelques années, les médecins chargeaient 25$ pour ça. Je n'ose pas imaginer combien cela coûte maintenant avec l'inflation! De nos jours, on vous charge des frais pour
Mon équipe de travail s'indigne depuis des mois à ce sujet. On en parle avec notre patronne à toutes nos réunions d'équipe. Elle contre vérifie nos dires qui sont, habituellement, niés par les principaux intéressés. On l'écrit dans notre procès verbal. J'ai vraiment l'impression de pelleter des nuages, de parler dans le vide et de dépenser mon énergie pour rien contre ce système médical mercantile qui s'installe à une vitesse vertigineuse. Je suis contre ce genre d'abus. Non, il n'y a pas que des gens riches dans mon coin. Ici, l'extrême opulence côtoie l'extrême pauvreté. Je le vois. Nous avons même des itinérants dans le coin. Ils circulent à vélo avec leurs montagnes de sacs. Je vois aussi des gens dans le trou parce que leur maladie coûte déjà très cher en frais de toutes sortes... Ici, même les riches sont dans le trou. En ce moment, ceux qui ont l'air riches sont, en fait, trop endettés car la banque leur autorise des dettes anormalement élevées... mais ça c'est une autre histoire qui sera le thème d'un autre billet. Pour en revenir au but de mon message d'aujourd'hui, je trouve inacceptable que nous ouvrions la porte au système payant.
Je n'ai pas de solution miracle. Je n'ai aucune idée de la façon dont nous pourrions tirer le système d'affaires dans cette impasse. Tout ce que je vois, en ce moment, ce sont les ratés du système, même s'il y a plein de belles choses qui s'y passent. Parlant de ratés, il peut y en avoir dans les communications. Si vous avez eu un un bébé récemment et que le CLSC ne vous a pas rejoint, rappelez-les: les infirmières de votre CLSC sont responsable de communiquer avec vous dans les 48 heures après votre retour à la maison. Si elles ont laissé un message: retournez-leur l'appel vite vite vite! Même chose si on vous a dit que vous auriez des soins à domicile suite à votre chirurgie ou votre hospitalisation. Si on vous a dit qu'on vous appellerait avant une certaine date et qu'on a pas donné signe de vie, appelez-les! Votre dossier est peut-être tombé dans une craque du système malgré la bonne volonté de tout le monde... PUBLIÉ PAR maf | le 2008-02-27 10:22:56Permalien | | 4 Commentaires : Commentaire crit le dimanche 02 mars 2008 à 19:22:17 (lien) maf - maf.monblogue.com Si nous pouvions avoir accès à des professionnels (ceci dit, même à l'école pour les enfants) en assez grand nombre et à la mesure de nos besoins, ce serait vraiment bien. Je n'ai pas de solution, ni d'idée pour trouver de quelle façon pourrait s'organiser sans risque de se saigner à blanc. Dans certaines contrées du monde, une seule personne fait souvent vivre 2 ou 3 familles (la famille du travailleur, sa belle-mère et sa famille, sa mère et sa famille)... Ça fait bien au moins 10 ou 15 personnes. Comme dirait quelqu'un que je connais bien, contrairement à ce travailleur, je fais vivre au moins une dizaine de personnes avec mon salaire à la différence que je ne les connais pas. En plus de payer par nos taxes pour tous ces services gratuits que sont l'école, la santé/maladie, sécurité publique, etc. J'imagine que c'est utopique que de rêver à la continuité des services universels et gratuits... Commentaire crit le jeudi 28 février 2008 à 20:06:16 (lien) Petite Fadette Partie 2: Je suis prête à payer pour voir un médecin la journée que je veux. Je ne veux plus attendre trois jours. La prochaine fois sera peut-être plus grave. Autre chose. Pourquoi refuse-t-on des patients en 2008? J'ai un médecin de famille car ma fille a souffert d'un grave problème à sa naissance. Je dois remercier ma fille d'avoir souffert le martyr; c'est grâce à elle si nous avons un médecin. Ri-di-cu-le. Mon chum n'a pas pu avoir de médecin avant quelques temps car mon doc n'acceptait que les enfants et la mère. Encore une fois: ridicule. Ton opinion m'intéresse. Commentaire crit le jeudi 28 février 2008 à 20:05:26 (lien) Petite Fadette Première partie: Commentaire intéressant, Maf! Merci pour cette portion d\'Histoire. C\'est très apprécié. Tu as les deux pieds dans le domaine de la santé. Tu connais le sujet, tu cottoies les malades, les médecins, les infirmières... Je suis en partie d\'accord avec ce que tu avances. Oui, nous payons déjà très cher pour nos soins de santé. Cependant... En lisant les derniers messages sur mon blogue, tu constateras que j\'ai frappé, dernièrement, et même à chaque fois que les enfants sont malades, un mur de béton lorsque j\'ai besoin vite vite vite d\'un médecin. Ma clinique familliale n\'accepte que les premiers appels, dès 7h, pour attribuer les quelques places disponibles pour la journée. J\'ai dû appeler pendant 3 jours, à deux cliniques différentes, avant de trouver une place pour mon bébé de 18 mois qui faisait de la fièvre et était couvert de boutons. Tout ça pour me faire dire par le doc que je n\'aurais pas dû attendre si longtemps avant de le rencontrer. Ça donne envie de crier, non? Commentaire crit le jeudi 28 février 2008 à 12:45:44 (lien) marie sans importance - http://mariesansimportance.over-blog.net Je vois que de l'autre côté de l'Atlantique le tableau de la santé publique n'est pas réjouissant non plus... La France, mon pays, cultive l'image d'un pays avec un bon système de santé. C'est aller un peu vite en besogne ! Des centaines d'infirmières, d'aides soignantes et de médecins hospitaliers n'ont reçu aucune compensation financière pour leurs heures supplémentaires de 2007. Dans les cliniques et hôpitaux "pour pauvres", chaque infirmière a en charge au moins 20 patients - impossible de faire leur travail dans ces conditions. Tout va à vaut l'eau ... Ajouter un commentaire |
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